Une digue contre la double peine

Une digue contre la double peine Une première estimation voudrait que 40% en moyenne des binômes intergénérationnels aient résisté au coronavirus, c’est à dire que les jeunes adultes sont restés auprès de leurs seniors, confinés pour le meilleur et pour le pire. C’est une chance pour les seniors qui auraient été alors doublement isolés du reste du monde. La solidarité a pu jouer à fond. Cette réussite est à mettre en perspective.

En France, au-delà de 75 ans, 33% des 75 ans et plus n'ont soit plus d'amis, soit n'ont que quelques contacts annuels avec eux. L'isolement toucherait aussi les jeunes : l'Insee évalue déjà en 2001 à 10,8% la part de la population française âgée de 15 ans et plus en situation d'isolement relationnel. En fait, diverses études internationales montrent qu’on observe deux principaux pics de solitude : le premier aux alentours de 25-35 ans, et l'autre, le plus important, au-delà de 75 ans. Or c'est exactement l'âge des binômes ! La solitude pèse beaucoup sur les seniors, avec les conséquences physiques et psychologiques (la malnutrition ou la dépression) qui s'en suivent pour leur santé. Il sera intéressant le moment venu d’évaluer les impacts de la crise du coronavirus entre les binômes intacts et ceux disloqués par le confinement.

Affaire à suivre.

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